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{Interview} Florian TOMASINI photographe et vidéaste professionnel

Né à Perpignan, Florian TOMASINI a eu la chance de goûter au voyage depuis sa tendre enfance et de sillonner le monde à la découverte de nouvelles cultures. Voyager en famille lui a permis d’admirer la diversité et la beauté des paysages mais surtout de cultiver son ouverture d’esprit au grès des rencontres et des échanges. Le baccalauréat en poche, Florian intègre L’IDEM en MANAA puis rejoint en 2011 la première promotion d’Audiovisuel où il finira trois ans plus tard Major de Promotion. Pas étonnant que son tempérament aventurier et altruiste en devenir l’ait conduit aujourd’hui à rejoindre une ONG qui œuvre pour les enfants de Rocinha, la plus grande favela de la ville de Rio de Janeiro et d’Amérique latine. A l’approche de l’exposition « Héroïnes : Des mères vues par leurs enfants » organisée par l’ACE, nous vous invitions à découvrir son parcours !

L'équipe "favela kids" de l'ACE à Rio de Janeiro
« Héroïnes : Des mères vues par leurs enfants »

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Peux-tu nous présenter l’ONG que tu as rejoint et quel est ton rôle ?

Accelerating Community Empowerment (ACE) est une ONG basée à Rio de Janeiro au Brésil. Sa mission est de permettre aux enfants de Rocinha de grandir, de se développer et de s’exprimer à travers le sport, l’éducation, l’art et la psychothérapie. Tributaires du manque d’infrastructure et de moyen, les enfants de Rocinha n’ont pas accès à l’éducation ou sont scolarisés seulement 4 heures par jour. Un problème majeur dans le système éducatif de cette communauté de plus de 70.000 habitants qui pousse les plus jeunes à vagabonder dans les rues et d’être exposés à la pression des gangs qui veulent les utiliser.

J’ai rejoint l’ACE en qualité de photographe-vidéaste où j’ai créé un Studio média  pour produire des reportages photos et vidéos avec les enfants de ce ghetto brésilien. Ma mission est de les former à cet art, leur transmettre le pouvoir de l’image, les amener à expérimenter chaque procédé de création, du début à la fin, apprendre à capturer l’instant tout en créant des images authentiques, chargées d’émotions fortes et réelles.  Notre objectif est d’apporter à ces photographes-vidéastes en herbe les outils et les techniques nécessaires afin de montrer au monde ce qu’est réellement une favela, de changer cette image de violence exacerbée et de redonner de la dignité aux habitants de cette communauté.

Pourquoi cette exposition photo est-elle si importante pour toi ?

Cette exposition photo est le fruit du travail de ma petite équipe de « favela kids » dont le thème est la réponse évidente à cette question qui leur a été posée “Quelle personne vous inspire ? ».  Ses enfants sont très attachés à leur mère pour qui ils vouent une fierté incommensurable. (Ndlr : dans la majorité des familles, le père est absent, seuls 40 % des jeunes connaissent leur géniteur).  « Héroïnes : Des mères vues par leurs enfants » sera présentée pour la première fois le 8 Décembre à Perpignan (au convent des Minimes) et se poursuivra à Paris, Londres et Dublin. L’équipe ne pourra malheureusement pas être présente au complet, car nous sommes un regroupement de jeunes originaires de Londres, Colorado, Brésil, Roumanie et France. Nous sommes tous très investis dans notre mission et sommes fiers de contribuer à leur devenir. Je peux vous affirmer avec beaucoup d’émotions que ces enfants sont en or et c’est un réel plaisir de les voir tant impliqués dans cet univers. A notre façon, nous changeons leur vision de voir la vie et ce n’est que le début !

Quel a été ton parcours scolaire ?

Durant ma scolarité, j’étais plutôt un élève moyen et assez paniqué par un avenir qui m’ennuierait. Le baccalauréat obtenu, j’ai décidé de frapper à la porte de l’IDEM pour expérimenter “la vie d’artiste” qui semblait correspondre à mes aspirations. J’ai toujours rêvé d’un métier qui me fasse bouger et voyager, sans monotonie afin de m’épanouir réellement. Je suis passé par une MANAA pour me permettre d’assouvir notamment mes désirs de création en arts plastiques. Une année riche en découverte où j’ai eu le déclic de poursuivre mes études en audiovisuel. J’ai alors intégré la première promotion de la section « Audiovisuel » de L’IDEM où j’ai pu expérimenter tous types de productions : documentaire, pub, fiction etc… J’ai fini Major de ma promotion et obtenu le prix du Jury pour mon portrait Vidéo : ANK, Voyage au bout de l’argile.

Quelles ont été tes expériences ou tes rencontres professionnelles les plus marquantes après L’IDEM ?

En participant au Festival OFF Visa de 2014 j’ai eu l’opportunité de rencontrer Mr Christophe Simon de l’AFP qui m’a accepté en tant que volontaire photographe-vidéaste pour le projet d’école de mode Casa Geração, dans la favela de Vidigal à Rio de Janeiro. En 2015, je remportais le prix Découverte Festival OFF Visa avec mon reportage : Olivier Vodounou, une leçon de vie. J’ai également eu l’opportunité de partir comme photographe dans les tribus indigènes du Bénin en Afrique et à Madagascar. En 2017, j’ai suivi une courte formation de cadreur sous-marin en République Dominicaine afin de me donner la possibilité de lier hobby et travail. J’ai finalement décider de retourner à Rio de Janeiro pour travailler avec ACE, Favela Experience, Favela Inc, Nova Era en productions audiovisuelles au service des projets sociaux que je co-organise. En parallèle, j’enseigne la photographie (en anglais) au sein d’Urban Camp, un camp scolaire alternatif.

Stéphanie Serve

Auteur Stéphanie Serve

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