Comme chaque année, le projet de fin d’étude parachève le cursus d’animation 2D-3D. Certaines écoles choisissent de réaliser un film individuel par étudiant. L’IDEM préfère quant à elle, la réalisation en équipe d’un film d’animation d’une durée de trois minutes avec une totale liberté sur l’univers et le thème abordé. Cette année, il s’agit de deux projets réalisés par notre promotion Brad Bird, clin d’œil au célèbre réalisateur et animateur qui a fait ses classes à la California Institute of the Arts (CalArts), l’école prestigieuse qui forme les futurs talents de Disney à qui l’on doit notamment « Les indestructibles » et « Ratatouille ».

Une promotion atypique car la première à compter plus de femmes que d’hommes dans nos effectifs. Nous nous félicitons de voir ainsi les métiers techniques attirés chaque année de plus en plus la gent féminine où la mixité est incontestablement l’avenir de l’industrie de l’animation. Et d’autre part, pour l’énergie que nos étudiant-e-s ont déployé afin de réaliser cette année deux projets distincts : un film d’animation en 2D Castagne Castagne et un film d’animation en 3D Al-One, tous deux supervisés par nos enseignants hors pair Christophe PALMA (concept art), Patrick CLAEYS (storyboard), Daniele SCALI (scénario, animatique et animation 3D) et Ludovic HELL (animation 2D).

En tant que cheffes de projets et étudiantes en dernière année d’animation 2D-3D : Valantine DAGANY, Estelle DIOT, Mathilde DORE, Agathe SOLLIER et Mathilda SPRAUEL se sont prêtées volontiers au jeu de l’interview afin de nous dévoiler le pitch de leurs films d’animation en cours de finalisation. L’occasion de nous présenter les différentes étapes de fabrication et les qualités requises pour travailler dans l’animation.

Al-One : le rover solitaire
Al-one est un jeune rover (astromobile) qui habite seul sur sa planète déserte. Sa routine va brusquement basculer lorsqu’une tempête éclate. Sa vision reste désabusée par cette silhouette mystérieuse. Intrigué par cette ombre, il décide de braver la tempête pour partir à sa recherche. Mais de nombreuses surprises l’attendent…
Castagne Castagne : le cartoon qui a de la poigne
Sur le chemin de l’école, trois amis, Lucie, Nina et Tom, décident cette fois de ne plus se laisser faire. Dotés de supers pouvoirs qu’ils ne soupçonnent pas, ils vont réussir à vaincre toutes leurs peurs. A coups de poing, d’épée et de canon laser… gare à ceux qui croiseraient leur chemin pour les importuner.

Comment s’organise votre projet de fin d’études ?

Le premier trimestre est toujours consacré à la pré-production en parallèle des cours dispensés. Cette première étape couvre tout ce qui se rapporte à la préparation du film. Les tâches s’étendent de l’écriture du scénario en passant par le concept art (création des conceptions graphiques), le story-board (transcription visuelle du scénario), l’animatique (storyboard filmé), le layout (mise en place du film plan par plan) etc… Et le second trimestre est consacré entièrement à l’étape de production, phase durant laquelle on accorde plus d’importance à chaque détail que ça soit pour les décors, les personnages, les animations et les effets spéciaux jusqu’à la phase finale du projet, c’est-à-dire la post-production pour  le sound design (conception sonore), le compositing (assemblage de tous les éléments du film), et le montage final. Depuis janvier, nous nous sommes organisés comme un studio d’animation dans une salle dédiée où chacun a un rôle bien déterminé suivant sa ou ses spécialités : concept artist, modélisateur 3D, rigger, animateur 2d, animateur 3D… et depuis le début du confinement, nous restons hyper-connectés sur notre groupe Discord pour finaliser nos projets tous ensemble. Des projets qui nous tiennent particulièrement à cœur car ils marquent la fin de nos quatre années d’études et donc la fin de notre vie étudiante pour nous lancer dans la vie active et continuer de vivre de notre passion.

Quels sont les différences entre l’animation 2D et l’animation 3D ?

Les grands principes de l’animation restent fondamentalement les mêmes en 2D qu’en 3D mais il est important de préciser qu’une grande maîtrise du dessin est essentielle dans l’animation 2D. En effet, l’animateur 2D part du dessin, puis utilise les logiciels pour donner vie à ses personnages. Il doit donc se libérer de toutes les difficultés techniques du dessin pour mieux appréhender le mouvement et la bonne intention afin d’assurer parfaitement la mise en place des poses-clés par exemple. L’animateur 3D lui ne dessine pas puisque les personnages qu’il anime sont en images de synthèse et en volume. L’animateur 3D part d’un squelette virtuel qu’il habille par des textures (de la peau, des vêtements) puis transmet toutes les coordonnées des positions de départ et d’arrivée à l’ordinateur selon le déplacement souhaité. Grâce à des logiciels spécifiques,  tout peut s’animer en 3D, que ce soit un personnage, l’intensité de la lumière, la couleur d’un objet,  le déplacement d’une caméra etc…

Au départ, quelles sont les qualités requises pour travailler dans l’animation ?

Il faut avant tout aimer travailler en équipe, cela implique de savoir écouter, de prendre en compte l’avis de tous, aussi bien les retours positifs que les critiques, et de savoir argumenter. Cela nécessite aussi d’aimer modifier, d’améliorer, de recommencer les choses plusieurs fois, bref ne pas compter ses heures peu importe le poste que l’on occupe. A l’origine des projets, on retrouve les concept artist qui élaborent toute la charte graphique des personnages, des décors, des paysages, des objets. La création d’univers et de personnages nécessitent un long travail de recherche et de multiples propositions pour atteindre le résultat souhaité. Ces créatifs doivent faire preuve d’une imagination débordante et d’une grande maîtrise du dessin pour être capable de dessiner le plus simple comme le plus complexe. A partir de là, les modeleurss 3D (pour un projet d’animation en 3D) interviennent pour créer les concepts graphiques en volume. Technicien de l’image de synthèse, le modeleur 3D doit avoir au départ un bon sens de l’observation, une certaine acuité visuelle et aimer le souci du détail pour représenter un item en 3D mais aussi pour maîtriser les techniques d’éclairage par exemple. Les animateurs 2d ou 3D prennent en charge les concepts visuels pour leur donner vie. C’est aussi un travail technique qui nécessite à la fois une fine utilisation des logiciels mais aussi un grand sens de l’observation pour rendre tous les mouvements les plus réalistes possibles : comment les personnages vont se mouvoir, la façon dont les vêtements vont se comporter en mouvement. Enfin, comme l’animation est étroitement liée aux arts visuels et au cinéma, une bonne culture graphique et cinématographique est indispensable pour s’ouvrir à tous les styles et à toutes les techniques.

Deux projets à qui l’on pourra décerner la Palme d’or de la cohésion d’équipes dont les Brad Bird ont su faire preuve depuis le début et malgré le confinement, un grand bravo à tous !

Valantine DAGANY
Estelle DIOT
Mathilde DORE
Agathe SOLLIER
Mathilda SPRAUEL

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